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L’Aubrac, une vieille histoire...
    La race AUBRAC existe depuis fort longtemps. Les premiers animaux enregistrés au livre généalogique de la race AUBRAC remontent à 1894. La lecture des archives révèle même que la sélection de ce qui allait devenir la fabuleuse race AUBRAC a débuté bien longtemps avant cette date. De vieux écrits notent qu’au XVIIème siècle les religieux de l’ordre des bénédictins, installés dans l’abbaye du village d’AUBRAC (en Aveyron), avaient rassemblé les premiers éléments d’un troupeau rationnellement exploité.

Une fois les grands bouleversements historiques passés, Révolution et épopée napoléonienne, et après une nécessaire période de récupération et d’apaisement, le véritable travail d’amélioration du bétail s’est poursuivi avec la création de la Société d’Agriculture d’Aveyron en 1840, relayée ensuite par la création du Herd-Book de la race AUBRAC en 1893.

Puis au XXème siècle les innombrables découvertes de la biologie (génétique, physiologie et pathologies animales, biochimie, anatomie,embryologie…) ont permis d’instaurer après la seconde guerre mondiale des schémas de sélection très efficaces et d’assurer ainsi, en association avec la maîtrise des autres facteurs de production (milieu physique et équipement tout particulièrement grâce aux progrès de l’informatique, l’électronique, la pédologie, la chimie, la mécanique…), une nette amélioration des performances des animaux.

Effectifs
Au début du 20ème siècle, la race AUBRAC était très répandue dans le Sud et l’Est du Massif Central et jusque dans le pays méditerranéen.

Effectifs durant la 1ère moitié du 20ème siècle
(animaux de plus de 6 mois)

 Année

 Effectifs
 1892*  355 000
 1902*  320 000
 1910*  334 000
 1932*  354 000
 1943*  380 000

 
sources :

CROZES D
*., 1994. Une reine aux yeux noirs - livre du centenaire de la race Aubrac 1894 – 1994, Union Aubrac, Rodez, p. 34 et 43.

QUITTET E
*., 1946. Les races bovines françaises en 1943, ministère de l’Agriculture, Paris, xx pp.

HAVY A.
et al, 1994, in la station d’évaluation Aubrac : bilan et propositions pour l’avenir, 1995. BARLERIN M., ENSAT, Toulouse, 49 .
 


Le déclin des "30 Glorieuses"
Au sortir de la seconde guerre mondiale, la race AUBRAC subit de plein fouet la double concurrence du tracteur (remplaçant les mythiques bœufs AUBRAC) et la disparition de l’activité laitière dans les burons.

BURONS ASSURANT LA TRAITE DE VACHES AUBRAC

 Périodes

 Burons
Vaches traites
Fromage de LAGUIOLE
 fin XIXe
 350
 
2 000 t
 1901
 294*
 14 000
900 t (et 47 t de beurre)
 1940
 212
   
 1950
 141
 8 000
220 t
 1964
 57
 
25 t
 1994
  3
       

vaches traites sur les estives et fromage fabriqué dans les burons
294* : répartis comme suit (153 en Aveyron, 81 en Lozère et 60 dans le Cantal)

 
sources :

CROZES D
., 1994. Une reine aux yeux noirs - livre du centenaire de la race Aubrac 1894 – 1994, Union Aubrac, Rodez, p. 38 et p.43.

ANDRIEUX Etienne
et PETIT Claude, mémoire d’Aubrac, édition Subervie, 1997, p. 20

BLANCHON J.
, transhumance bovine dans le Massif Central, in la transhumance bovine, 1995. Ethnozootechnie, n° 55, société d’ethnozootechnie, Paris, p.61.
 

Cette période de crise est apparue également chez d’autres races mixtes de montagne (Ferrandaise, Mézine). La nouvelle tendance qui était prônée à l’époque se focalisait exclusivement sur la quantité. Les races mixtes ont eu beaucoup de mal à résister aux performances séduisantes des races spécialisées dans la production laitière (Prim’Holstein) ou les aptitudes bouchères (Limousin, Charolais, et Blond d’Aquitaine après les années 60). La mixité était désormais dépassée.
La généralisation mal maîtrisée du croisement, tout particulièrement avec des taureaux Charolais, est l’une des causes principales de la chute des effectifs en race AUBRAC. La vie et le travail dans les burons devenaient par ailleurs de moins en moins compatibles avec les nouvelles aspirations de la société. Leur rentabilité se réduisait à une peau de chagrin notamment en raison de l’augmentation permanente du coût de la main d’œuvre :
“ Alors que la vente de 100 kg de fromage de Laguiole payait en 1900 les gages d’un ménage de maître-valet, il fallait désormais écouler une tonne de fromage pour régler le même salaire annuel ” (source : livre du centenaire de la race Aubrac 1894 – 1994, p 43.
Les "30 Glorieuses" ont ruiné la race Aubrac

 Année

 Effectifs
 1958 a  274 000
 1964 a  160 000
 1969 d  103 000
 1972 b  102 000
 1973 c  100 400
 1975 b  83 000
 1979 d  55 929

vaches et renouvellement (doublonnes et bourrettes) : vaches

 
sources :

a
- VISSAC B., 1969. Etude génétique de la race Aubrac (mémoire d’ingénieur), CNRZ Station Centrale de Génétique Animale, Jouy-en-Josas, p. 16.

b - DALMIERES André, 1980. La race bovine Aubrac : quelle orientation pour les années 1980 ? ( mémoire de fin d’études), ENSA Rennes, 53 p.

c
- SCEES, 1975 in races bovines françaises, 3ème édition mise à jour, QUITTET E. et DENIS B., collection : les races d’animaux domestiques, 1979, p. 6

d
- Recensement Général Agricole de 1969 et 1979
 



Période 1979-1999 : un développement sans précédent

LE RENOUVEAU:
Refusant de voir leur race s’éteindre inexorablement pour ne retrouver son nom que dans la liste des espèces disparues, quelques irréductibles, convaincus des spécificités et de la supériorité de la vache AUBRAC sur bien des critères, ont décidé de faire redécouvrir la belle aux yeux noirs. Leur dynamisme et leur motivation ont abouti à la création de l’UNION AUBRAC en 1979.

Proche de l’extinction dans les années 70, la race AUBRAC a repris de l’intérêt grâce à l’application de mesures efficaces mises en œuvre à partir de 1979. Dès lors l’attrait pour l’acquisition d’animaux AUBRAC ne s’est jamais démenti.

Elle a conquis de nombreuses régions en France métropolitaine (Corse, Massif Central, Sud-Est et Nord-Est de la France) mais également dans les DOM-TOM (Guadeloupe, Guyane). Le développement s’est fait également au-delà du territoire français. Plus de 15 pays ont déjà importé des animaux AUBRAC et continuent à acheter régulièrement des animaux, des embryons ou des doses de taureaux d’insémination (Allemagne, Irlande, Suisse, Russie, Lituanie, Hongrie, Autriche, Grande-Bretagne, Espagne, Luxembourg, Portugal, Canada, Etats-Unis, Maroc, Italie, Belgique, Nouvelle-Zélande…).

L’UNION AUBRAC, association d’éleveurs, a réussi à atteindre ses objectifs très ambitieux de repositionner la race AUBRAC à la hauteur de ses qualités. Elle y est parvenue car elle a fédéré tous les éleveurs AUBRAC et a construit avec eux une politique de sélection cohérente.


ACTIONS: conservation relance amélioration

animaux inscrits et suivis à l’UNION AUBRAC de 1976 à 1991

 Année

 Eleveurs adhérents vaches suivies
 1976  174  2 500
 1981  200  4 000
 1986  310  12 585
 1991  422  19 217

ACTIONS: développement extension

animaux inscrits et suivis à l’UNION AUBRAC de 1993 à 2007

 Année

 Eleveurs adhérents vaches suivies
 1993  464  22 163
 1995  568  26 965
 1996  591  28 660
 1999  590  31 856
 2002  550  35 774
 2005  590  37 518


 
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